lundi 25 mars 2013

Combien coûte un enfant ?

Il y a quelques jours, je suis retombé sur un article du Parisien qui titrait : Combien coûte un enfant ?
Je me suis dis :
- Chouette ! Je vais regarder combien valent mes gosses à l'argus et selon la côte officielle, je pourrais faire une plus-value si j'arrive à les revendre un bon prix ! Parce que, c'est vrai qu'un enfant c'est un investissement : on le nourrit, on l'élève pour qu'un jour, enfin, il nous rapporte !
- Rapporte quoi ?... des ennuis ! … Ah oui, c'est vrai, ils rapportent plus souvent des ennuis que de l'argent ! A moins de les mettre à tendre la main à l'entrée d'un magasin avec un petit chien ou à la sortie d'une église le dimanche matin mais souvent la place est prise par les petits Roumains...
Trêve de plaisanteries, il s'agissait juste d'un dossier de plusieurs pages dans lequel était calculé (de manière très approximative...) ce que pouvait coûter un enfant en moyenne, selon le lieu de résidence de ses parents, le mode de garde choisi, etc. Mais j'ai trouvé ça bizzare : Ce qui pouvait paraître choquant il y a quelques années fait maintenant l'objet d'un dossier dans un journal, sans complexe ! J'ai même lu sur le net des témoignages de couples qui se posaient la question de savoir s'ils allaient ou non, faire un enfant « parce que ça coûte cher »... Je précise qu'ils n'avaient pas l'air particulièrement dans le besoin. Non, un couple de jeunes trentenaires, travaillant tous les deux, ayant des « besoins » (resto, ciné, livres, sorties entre amis, loisirs divers et variés...). Alors, je veux bien qu'il faille préparer la venue d'un enfant, qu'on ne fasse pas "çà" à la légère, mais de là à chiffrer au centime près le coût, ça me paraît plus qu'hazardeux...

Il est vrai que quand on décide de faire un enfant, on se demande si on aura les moyens de l'élever correctement, si on aura la place suffisante à la maison, si on ne doit pas changer de voiture, aménager la chambre, etc. Mais je ne me suis jamais demandé combien cela coûterait précisément. On ne choisi pas de faire un enfant comme on choisit une voiture ou une maison en cherchant le meilleur rapport qualité/prix...  Peut-être est-ce l'effet de la crise mais il me semble que si on doit s'arrêter à cette histoire de coût, le niveau de natalité va chuter !

Alors j'ai fait mes petites recherches. Selon l'INSEE (institut un brin plus sérieux que Le Parisien-Aujourd'hui en France), il est très difficile d'établir le coût d'un enfant car il varie selon les familles qui n'ont évidemment pas les mêmes revenus, pas les mêmes besoins, donc, pas les mêmes dépenses qui se font en fonction du mode de vie, de consommation, du lieu de résidence, etc...
Cependant, une moyenne a pu être établi et il semblerait qu'un enfant coûte à ses parents la somme de 36 861 €uros par an pour le premier ! Cela m'a parut énorme mais ils prennent en compte l'achat du matériel de puériculture (poussette, lit de bébé, baignoire, parc, etc). Ce sont les enfants de moins de 4 ans qui coûtent le plus cher : outre les équipements bien spécifiques pour les tous petits, il y a aussi le budget couches et petits pots qui reviennent très cher. C'est entre 4 et 11 ans que les enfants coûtent le moins car ils n'ont plus de besoins spécifiques et n'ont pas encore d'exigences matériels ou vestimentaires. Ensuite, cela se gâte avec l'adolescence...

Pour résumer et éviter d'annoncer des chiffres sans objet, selon l'INSEE, un enfant de moins de 14 ans coûte environ 20% du revenu des parents et après l'adolescence, environ 33% du revenu. Mais le budget se réduit avec le nombre d'enfant puisque les équipements acquis n'ont plus à l'être (si on les a gardé), les vêtements peuvent être réutilisés et le mode de vie familial adapté. De 36 861 € pour le premier enfant, on dépenserait « seulement » 3 084 € par an pour le 2e et 1 689 € pour le 3e... et le quatrième... il est gratuit ???

Bon, d'accord, on sait qu'un enfant ça coûte de l'argent mais ça enrichi la vie. C'est vrai qu'avant on allait au restaurant, au cinéma, on s'achetait de beaux vêtements, des montres, des bijoux, on se faisait des petits voyages, des week-end en amoureux, etc. Mais on s'adapte : Après, on va chez Mc Do et Flunch, on regarde des DVD de dessins animés, on fait des voyages en train dans la famille et des week-end pyjama sous la couette, bref, on dépense moins pour soi mais on dépense différemment. On a pas l'impression de se priver parce que les moments partagés avec ses enfants sont riches de joies et d'enseignements. Et puis au lieu d'aller au resto une fois par semaine, on y va une fois par mois mais on a confié les enfants à une baby-sitter et alors, les quelques heures volées au quotidien de notre vie de « papa-maman » sont de petites pépites que l'on savoure d'autant plus qu'à son retour on est content d'aller voir ses enfants dormir comme des anges. 
Un enfant, c'est vrai, ça coûte de l'argent... mais ça n'a pas de prix !


mardi 19 mars 2013

L'Amour à table ! ! !

Puisque le dernier petit billet n'était pas très drôle et que ma fille nous fait un petit festival de « bons mots » en ce moment, j'ai décidé de vous en faire profiter en publiant un petit billet intermédiaire...


Dimanche dernier, nous sommes allés à la messe tous les deux. On n'y va pas souvent mais j'aime bien me recueillir par moment et puis ma fille étant dans un établissement privé, je me dois de l'y emmener de temps en temps.

L'office se termine tard, nous rentrons à midi passé et ma femme est en train de donner à manger à P'tit Homme. Aussitôt, notre fille s'inquiète de ce que nous allons manger. Il faut dire que depuis quelques temps, elle conteste systématiquement ce qu'on lui propose avant même d'avoir avalé une bouchée, alors qu'elle aimait bien jusqu'alors.

Illustration :


Qu'est-ce qu'on mange ce midi ?

Du steack avec des petits pois...

J'aime pas les petits pois !


Qu'est-ce qu'on mange ce soir ?

Du saumon cuit avec du riz...

J'aime pas le riz !



Malgré tout, nous tenons bon et lui imposons de goûter à chaque plat, histoire que la « gastronomie » ne se résume pas pour elle à « saucisse - purée » ou « frites – ketchup » !

Et parfois, elle fait de belles découvertes...



Dimanche midi donc, ma fille demande à ma femme (qui ne fait jamais la cuisine... c'est moi le Chef à la maison...) :

Qu'est-ce qu'on mange ?

Ma femme, qui n'a rien préparé, mais qui se doute qu'elle attend la première occasion pour rouspéter, lui répond en lui faisant entendre ce qu'elle préfère :

Du jambon...

Ma fille semble coincée car elle adore çà... Et avant qu'elle n'ait eu le temps de dire quelques chose, j'ajoute, un brin moqueur :

...Préparé par maman avec Amour !

Ma fille répond aussitôt avec conviction :

J'aime pas avec amour ! ! !


dimanche 17 mars 2013

Le défi de l'Amour au 21e siècle...

En entrant dans la police il y a 20 ans, je ne pensais pas être confronté un jour à l'homosexualité des personnels* ! Dans ce métier qui véhicule des stéréotypes macho de force et de virilité, il me semblait impossible qu'un homme assume une telle différence. Et je ne m'étais pas trompé de beaucoup : très peu d'homme osent l'avouer, même si certain ont du mal à s'en cacher ! Par contre, j'ai connu (et je connais encore) des personnels féminins qui assument (voire, revendiquent !) leur choix d'un mode de vie et d'une sexualité différente... A l'époque, on ne parlait pas encore de mariage pour tous et j'avoue que je n'avais pas vraiment d'avis sur la question... Jusqu'à ce que je me retrouve à partager mon bureau avec une collègue lesbienne il y a dix ans environ. Elle vivait avec une femme depuis quelques années, elle assumait son homosexualité sereinement, en toute discrétion mais sans que ce soit tabou. Elles envisageaient d'avoir des enfants en ayant recours à l'insémination artificielle et se posait le problème de l'autorité parentale, au cas ou l'une d'elle décéderait... Elles ont eu chacune un enfant et elles les ont élevées ensemble. Durant toutes ces années, j'ai compris combien elles devaient affronter de problèmes au quotidien : avec leur famille, avec certains collègues, avec leurs voisins,etc. Plus tard, avec les parents d'élèves et les copains des enfants... J'ai fini par avoir du respect, de l'empathie, de l'admiration même, pour ces personnes qui font un choix radical et malgré tout difficile à assumer de nos jours.
A cette occasion, je m'étais demandé comment je réagirais si l'un de mes enfants m'avouait son homosexualité... et j'étais partagé !



Hier, en rentrant de l'école, ma fille m'a dit qu'elle avait un chéri : B. lui a offert une fleur en demandant si elle voulait bien être son amoureuse mais elle a refusé car elle aime A. ! Heureusement, il l'aime aussi... OUF, me voilà rassuré. Jusqu'à ce qu'elle me dise que finalement B. s'était rabattu sur sa copine C. qu'il aimait... mais qu'elle aimait aussi !
- Oui mais ce n'est pas pareil : ta copine, ce n'est pas ta chérie. Les filles ne peuvent pas être amoureuse entre-elles... 
- Pourquoi ??? me répond ma fille !
Oups !... Et oui, pourquoi ? Ou plutôt, pourquoi pas ?
A l'heure du mariage pour tous, comment lui expliquer que les garçons ne peuvent tomber amoureux que des filles et inversement ? Surtout, ais-je le droit de le faire ?

Là où nos parents nous disaient que l'amour est un sentiment très fort entre un homme et une femme, que le mariage scelle cette union de deux êtres de sexe opposé, pouvons-nous continuer à tenir ce discours quand on sait que la moitié des mariages hétérosexuels se finissent par un divorce ? Et si le mariage homosexuel est reconnu par la loi, et donc l'amour d'une personne du même sexe est reconnu par la société, comment lui expliquer que ce couple d'hommes qu'on voit se promener en se tenant par la main, que ce couple de femmes qu'on voit s'embrasser avec sensualité, n'est pas « normal » ?

En même temps, il m'est difficile de dire à ma fille qu'elle peut tomber amoureuse indifféremment d'un garçon ou d'une fille, que seul le bonheur compte, que son épanouissement personnel (et plus tard, sexuel) passe avant tout... Le stéréotype du couple hétérosexuel est encore très présent dans l'inconscient collectif et même si je revendique mon ouverture d'esprit, mon éducation chrétienne catholique a encore du mal à s'y faire (même si je ne suis pas très pratiquant). C'est le défi de l'Amour au 21e siècle ! A moins que le tout nouveau pape François donne sa bénédiction aux unions homosexuelles... mais ce n'est pas pour demain !

Finalement, je n'ai rien répondu ! Je n'ai pas trouvé les mots... Et puis elle n'a pas encore 5 ans ! J'ai encore le temps... Mais le jour où se présentera le problème (s'il se présente un jour et si tant est que ce soit un problème...) je crois que je lui dirai d'écouter son coeur. Et quel que soit son choix, je la soutiendrais tant que je pourrais.



* a noter que depuis plusieurs années, il existe une association gay et lesbien reconnue au sein de la police : FLAG

dimanche 10 mars 2013

Petites leçons de philosophie à ma fille

Dans la police, il existe un proverbe que les anciens aiment à répéter quand ils reçoivent un ordre qui ne leur convient pas et que certains commencent à argumenter pour tenter de passer outre :

<< Réfléchir, c'est commencer à désobéir... >>

Alors ils obéissent, ça leur évite d'avoir à réfléchir ! Heureusement, depuis quelques années, les policiers réfléchissent  un peu plus avant d'agir. Et sans vouloir jouer au philosophe, je me dis que le proverbe semble se vérifier parce que, quand on pense à ce qu'on nous impose (objectifs chiffrés, application de lois désuètes, remise en liberté de multi-récidivistes...), si on y réfléchissait, on finirait par tout plaquer ! Mais ceci est une autre histoire...


Un livre de réflexion

Il y a quelques temps, j'ai acheté à ma fille le livre "Les p'tits philosophes" dans lequel des personnages de BD reviennent sur les sujets qui intéressent les enfants, avec le vocabulaire adapté  : 
  • Qu'est ce que c'est que la colère ?
  •  Pourquoi on doit faire des efforts,
  • C'est quoi un ami ?
  • Pourquoi on va à l'école,
  •  etc.
Après le thème posé, une petite histoire en image illustre diverses réflexions puis une question est posée, qui amène à la réflexion, à partager avec l'enfant. Le concept est très intéressant et même s'il est indiqué dès l'âge de 3 ans par l'éditeur, cela me semble un peu tôt, en tous les cas pour ma fille, malgré ses 4 ans 1/2. Sauf que, des fois, elle me surprend !

Cette semaine, à la fin d'un repas, ma fille me demande ce qu'il y a en dessert. Après lui avoir énuméré les différentes possibilités qui s'offrent à elle, elle me répond :
"Je vais réfléchir... "
Quelques minutes plus tard, alors que j'ai commencé à débarrasser la table en attendant son choix, je la trouve en train de regarder en l'air, pensive. Impatient, je lui demande ce qu'elle fait :
" Rien... je réfléchis ! "
Un brin taquin, je lui rétorque :

" Tu fais rien ou tu réfléchis ? "
 Elle me répond d'un air assurée :
" Mais quand on réfléchit, on fait rien papa ! ! ! "
Surpris mais amusé, je l'interroge :
" Qui t'as dit çà ? "
Elle me répond comme si c'était évident :
"Mais c'est toi papa !"
J'ai très envie de rire et je m'apprête à nier avec vigueur mais, tout à coup, cela me fait penser à ce que je lui dis parfois quand elle a fait une bêtise ou qu'elle a désobéit :

<< Tu vas au coin, tu réfléchis et tu ne fais rien ! >>

La précision que j'apporte en lui disant de ne rien faire est utile afin qu'elle ne profites pas de la punition pour commencer à jouer avec ce qui est à sa porté, mais bien pour qu'elle réfléchisse à ce qu'elle vient de faire. Mais vu la façon dont elle interprète les choses, je me dis qu'il faut vraiment faire attention à ce que je lui dis. Surtout, je vais devoir réviser les leçons de philosophie parce que si elle dit ça à sa maitresse "mon papa m'a dit que quand on réfléchit on ne fait rien", je suis pas sûr qu'elle la comprenne bien...! ! !
 

lundi 4 mars 2013

Les bébés "made in France"

Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui j'ai envie de parler d'un livre consacré à nos chères têtes blondes. Pamela Druckerman, une américaine exilée à Paris depuis plusieurs années, vient de publier un livre très intéressant aux éditions Flammarion « Bébé made in France : quels sont les secrets de notre éducation ? ». Mère de trois enfants qu'elle élève en France, elle se livre à une analyse comparée de nos méthodes éducatives avec celles ayant cours aux Etats-Unis. Et, surprise, elle se dit admirative de l'éducation à la française ! Et c'est surprenant de se découvrir au travers des écrits d'une étrangère...



Elle détaille d'abord nos grands principes éducatifs tel que les règles d'alimentation, avec des repas équilibrés et en famille puis l'exercice de l'autorité parentale et notamment la politesse et le fait d'apprendre à nos enfants à patienter alors que les américains donnent la priorité aux enfants en toutes circonstances. Ensuite, le fait que les parents français ne sont pas dans la valorisation permanente de leurs enfants alors que les américains sur-valorisent leurs progénitures, encouragent leurs moindres faits et gestes à n'importe qu'elle occasion. Enfin, le fait que les femmes françaises ne sacrifient pas leur vie d'adulte et de femme lorsqu'elle deviennent mère là où les mères américaines vouent leur vie entière à leurs enfants.

Elle n'hésite pas à dénoncer l'hyper-éducation des parents américains qui, finalement, ne serait pas la meilleure forme d'éducation et elle valorise les parents français qui savent faire la part des choses en assumant une parentalité stricte mais plus sereine. On fini par se dire que ce qui nous paraît normal (la politesse, les repas en famille, etc) ne sont qu'un trait de notre culture et que, si parfois nous avons un peu honte de ne pas tout sacrifier à nos enfants, ceux qui le font nous envient de savoir prendre du recul. Car enfin, on élève pas des enfants pour les garder dans nos jupes (ou dans nos pantalons !) toute notre vie, mais bien pour qu'ils prennent leur envol un jour en s'insérant au mieux dans la société, avec toutes les règles que cela comporte et qu'il faut bien leur inculquer...



Évidemment, toutes ces considérations sont personnelles et ne valent pas pour toutes les femmes, pour toutes les familles. Mais cela révèle une facette toute à fait inconnu de nous autres français, le fait que notre système d'éducation sur lequel nous nous interrogeons souvent est finalement considéré comme un fleuron de la culture française au même titre que la mode ou la gastronomie !


Un seul reproche à lui faire : elle ne parle pas des papas poule !
Mais ce n'est pas si grave... Alors je n'ai qu'une chose à dire : VIVE LA FRANCE et VIVE LES PAPAS POULE !


lundi 25 février 2013

P'tit homme aurait-il une dent contre nous ?



Depuis quelques semaines, p'tit homme fait ses dents... et nous on fait nuit blanche ! On a beau essayer tout un tas de produits « miracles », rien n'y fait vraiment. Il faut dire que tout le monde a un remède pour apaiser les gencives :

La libraire qui a suspendu un collier d'ambre au cou de ses trois enfants pendant des mois et qui jure n'avoir jamais été réveillée grâce à ça... Elle ne lit pas la presse la libraire ? Les colliers d'ambre ont été interdit à la vente car jugés trop dangereux pour les petits... La voisine qui a utilisé l'homéopathie pour son petit dernier, avec une dose verte le matin, deux doses bleues le midi, trois doses vertes à 16h00 et une dose blanche le soir au couché (Ouf !). Enfin la caissière du supermarché qui nous dit qu'il est mignon et qu'il a l'air très sage alors qu'il a passé la moitié de la nuit à pleurer... Elle vous conseille un sirop de grand-mère et quand vous en parlez au pharmacien, il vous dit que c'est de l'eau avec du caramel et que ça ne servira à rien. Il vous vend une lotion gingival à appliquer directement, au risque de se faire pincer le doigt entre deux dents qui pointent !

Le problème (ou la chance?) c'est qu'un bébé est unique : c'est pas comme une voiture ou un ordinateur, il n'y a pas de mode d'emploi ou de protocole de réparation garantie. Alors on fait comme on peut : avec une dose homéopathique le soir, un gel sur les gencives, le tout plus ou moins efficace mais surtout, le meilleur remède, un câlin dans les bras de sa maman : le meilleur des médicaments !

lundi 18 février 2013

L'artiste

Ma fille est dans sa période dessin et coloriage à tous les étages ! Elle passe sont temps à faire des personnages avec un soleil et une maison, parfois même, un avion ou un ballon ! Malgré les nombreux cahiers de dessin et de coloriage qu'elle a déjà, elle adore me piquer des feuilles blanches dans le tiroir de l'imprimante afin d'exercer son art...Évidemment, quand j'arrive pour imprimer "un truc super important" : y'a plus d'papier ! ! ! Alors quand je vois qu'elle a juste dessiné un début de soleil sur plusieurs feuilles et qu'elle les a mise à la poubelle  "parce qu'il est un peu râté..." je lui dis que si c'est pour faire ça, je ne veux plus qu'elle utilise de feuilles blanches mais qu'elle se serve de ses cahiers. Je ne suis pas militant écolo mais je suis contre le gaspillage ! Et je l'envoi faire sa sieste.
Quand elle se réveille, je remarque quelques traits de stylos sur l'un de ses bras. Je la gronde gentillement et ce qui me surprend, c'est qu'elle ne cherche pas à se justifier (si si, croyez-moi, même quand c'est indéfendable, elle trouve toujours une bonne excuse...). Elle ne proteste même pas quand je lui dis d'aller se nettoyer au lavabo pour effacer ses gribouillis...
Quand arrive l'heure de la douche, elle traine pour se déshabiller, dit qu'elle ne veut pas se mouiller, etc. Ritournelle habituelle de la petite fille qui préfère jouer à la poupée plutôt que de perdre du temps à se laver. Mais quand elle enlève enfin son sweat-shirt, je comprends mieux ses réticences : elle a dessiné au feutre sur son ventre ! Il y a là un personnage, un soleil et un carré de ce qui était probablement destiné à être une maison... 
Elle fini dans le bain avec le gant de crin et un bon savon... mais pas celui qui efface le feutre : celui qui échauffe les oreilles ! ! ! Finalement, je me dis que je n'aurai peut-être pas dû lui supprimer les feuilles : on dit qu'il ne faut pas contrarier une vocation naissante et je préfère largement qu'elle deviennent artiste peintre plutôt que tatoueuse !


lundi 11 février 2013

Explication de texte...

Pour qu'un échange verbal soit fructueux, il faut évidemment s'entendre, mais aussi et surtout parler le même langage ! Chaque profession développe ses propres expressions, mélange d'argot, de traditions et de néologismes propre à son corps de métier... Les policiers n'échappent pas à la règle et ils ont fini par développer leurs propres expressions qui peuvent parfois prêter à confusion...

Voici quelques exemples :

Sauter un M.E.C à dom'
n'a rien d'une expression à caractère sexuel ! 
Ca veut simplement dire : interpeller un Mis En Cause à son domicile,

Pincer un G.A.V
ne veut pas dire qu'on va "torturer" quelqu'un en exerçant une pression sur sa peau entre deux doigts mais seulement qu'on va passer les menottes à un Gardée A Vue,

Enfin :
Faire cracher un jeune crapaud
ne veut pas dire qu'on se lance dans des expériences zoologiques avec un bébé batracien mais qu'on va tenter de  faire avouer un jeune délinquant inexpérimenté !


Connaitre ce genre d'expressions peut éviter des méprises, comme ce jour où j'étais en patrouille anti-criminalité et que nous avions à bord un magistrat stagiaire qui découvrait le monde de la police. En passant devant un groupe de jeunes dont l'un semblait vouloir se dissimuler le visage, nous laissant à penser qu'il pouvait avoir des choses à se reprocher, on se met d'accord d'un coup d'oeil avec le chauffeur qui ralentit et je dis à mes équipiers et au jeune magistrat : 
On va les taper !
(Ce qui veut dire qu'on va procéder à un contrôle d'identité afin de taper leurs noms au terminal pour consulter le Fichier des Personnes Recherchées...)
Le contrôlé s'est bien passé et personne n'était inscrit au fichier. En reprenant la patrouille, le magistrat m'a avoué avoir eu très peur quand j'ai annoncé "qu'on allait les taper" et que nous sommes sortis précipitamment de la voiture ! ! !


Question de vocabulaire...

J'ai connu (presque) la même mésaventure avec ma fille il y a quelques jours :
Après que P'tit Homme ait pris son repas, je le met dans son fauteuil relax dans la salle à manger sous la garde momentanée de sa grande soeur pendant que je vais préparer à manger dans la cuisine. Elle commence à lui raconter une histoire et je lui recommande de bien faire attention à lui et de m'appeler en cas de problème. Quelques minutes plus tard, alors qu'elle est en plein récit, elle s'interrompt et me dit :
- Papa, papa, mon frère gigote !
Je la rassure :
 - C'est pas grave, continue ton histoire...
Mais elle insiste :
- Mais papa, il gigote beaucoup !
- C'est pas grave, il est bien attaché, tu peux continuer...
Elle semble paniquer :
- MAIS PAPA... ! ! !
- Ok, je viens...
 Quand j'arrive dans la salle à manger, je trouve P'tit Homme qui a renvoyé une partie de son lait : il en a partout ! Et sa soeur à côté qui ne fait rien ! Je lui dis sur le ton du reproche :
- Tu vois pas qu'il a régurgité, fallait me le dire !

Elle me répond en haussant les épaules et en levant les yeux au ciel, d'un air un peu agacée :  
- Mais papa, c'est ce que je te dis depuis tout à l'heure ! ! !
... question de vocabulaire...





dimanche 3 février 2013

A la Petite école

En France, on se plaît à jouer avec les mots à tous propos... On change les noms des institutions et des organismes à la moindre occasion. Dans la police notamment, les services changent de nom comme un commissaire de chemise ! Par exemple, pour la permanence judiciaire, selon le commissariat où vous allez, vous aurez le Service de Quart, le Groupe d'Appui Judiciaire ou l'Unité de traitement Judiciaire en Temps réel ! Pour les patrouilles à pied, nous avons eu l'ilôtage, puis la Police de Proximité et enfin, les unités territorialisées.


Il semblerait que l'éducation nationale soit obligé de se faire à cette idée : une député socialiste vient de proposer de rebaptiser l'école maternelle pour l'appeler « Petite école » ou « Ecole première »... Comme s'il n'y avait pas assez de sujets de préoccupation pour le gouvernement en ce moment ! Voyons néanmoins ses arguments : Elle trouve d'abord que le terme « maternelle » est trop sexiste, ensuite que cette dénomination laisse entendre que l'univers de la petite enfance serait l'apanage des femmes et enfin, elle entend neutraliser la charge affective maternante afin de privilégier le côté éducatif de l' école.


 Si vous voulez mon avis (et même si vous ne le voulez pas), concernant le côté trop sexiste de l'école maternelle, je trouve pour ma part que le terme « Petite école » est infériorisant, dépréciant... humiliant ! Et si on considère l'appellation « Ecole première », je me demande comment on appellerait alors l'école primaire ? (Puisque la définition de primaire est qui vient en premier - Petit Robert 2011).  L'école secondaire ? Et le secondaire deviendra le tertiaire ???

Sur le fait de lutter contre l'idée que la petite enfance serait l'apanage des femmes, il est vrai que de plus en plus de papas s'impliquent dans la vie quotidienne de leurs enfants, les conduisent à l'école et viennent les chercher à la sortie. Mais pour avoir fréquenté différentes crèches, pour avoir eu affaire à différentes assistantes maternelles et vue des écoles dans plusieurs régions, j'ai rarement vu des hommes garder des enfants à domicile ou travailler dans les crèches et les écoles maternelles...

Enfin sur le côté trop maternant de l'appellation, quand on confie son enfant pour la première fois à une institution scolaire alors qu'il n'a pas tout à fait trois ans, savoir qu'il y a un côté maternelle, voire maternant, je trouve ça plutôt rassurant au contraire ! La phase éducative viendra plus tard...

 
Comme le font remarquer les internautes sur les réseaux sociaux, si le gouvernement suit la député, il va falloir rebaptiser un certain nombre d'expressions... à commencer par le Père Noël (Parents Noël?), la coupe glacée la Dame Blanche (Humain incolore ?)... et notre mère-patrie alors ?Je pense pour ma part aux hommes sage-femmes qui sont de plus en plus nombreux dans les cliniques... Faut-il les appeler des sage-hommes (alors que les termes sont antinomiques, n'est-ce pas ;-) ?
Non, décidément, le gouvernement a d'autres chats à fouetter que de s'attaquer à la sémantique de l'éducation nationale qui a déjà beaucoup à faire afin d'inculquer à nos chères têtes blondes les bases du calcul et de notre langue maternelle...OUPS, pardon, de notre langue première... ou parentale ?

mercredi 30 janvier 2013

La légitime défense expliquée à ma fille (de 4 ans 1/2)


Quand on devient flic, on croirait pas comme ça mais on apprend plein de choses à l'école de police : rédiger un rapport, établir un procès-verbal, effectuer les gestes et techniques de police en intervention, connaître le droit pénal et la procédure pénale, etc...
Parmi toutes ces choses,  l'une des plus importantes qui nous est enseignée, c'est la notion de légitime défense. Parce qu'il en va de notre vie et de celle des autres...


Le Code Pénale dispose :

 Article 122-5
N'est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, accomplit, dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense d'elle-même ou d'autrui, sauf s'il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l'atteinte.

L'article est précis : l'attaque doit être injuste, la riposte doit être immédiate et proportionnée à l'attaque... Pas toujours évident à mettre en pratique mais ce sont les termes de la loi !

Il y a quelques temps, ma fille se faisait embêter par un garçon de sa classe qui lui tirait les cheveux "pour jouer"... Je lui avais dit qu'elle devait prévenir aussitôt la surveillante  mais elle m'a répondu qu'elle était déjà occupée et qu'elle ne regardait pas toujours... Je lui ai alors conseillée de se défendre mais sans chercher à faire mal, juste pour repousser le vilain petit garçon avant d'aller prévenir un adulte.


 La légitime défense à l'épreuve de la réalité...


Vendredi dernier, comme chaque vendredi, je vais cherche ma fille à la sortie des classes à 16h30. Les parents sont dans la cour et attendent l'ouverture des portes. Les maîtresses sortent une par une et libèrent les bambins tout excités mais la porte de la classe de ma fille reste désespérément fermée... Les parents commencent à s'interroger sur la possibilité d'un kidnapping collectif pour protester contre la semaine de 4 jours 1/2, quand la porte s'ouvre enfin. 
Et là, c'est le drame : la maîtresse en colère tient par une main ma fille (pas fière du tout !) et dans l'autre, un petit camarade tout rouge... !La mère du petit garçon et moi ne sommes pas très fière non-plus... Mais la maîtresse nous explique calmement que ma fille a été bousculé par son petit camarade au moment d'aller s'asseoir pour attendre les parents et que, vexée, elle lui aurait demandé de s'excuser, ce qu'il aurait refusé de faire. Elle lui aurait alors envoyé une droite ! ! !

Bon, disons-le tout de suite : ça ne se fait pas !
Et je me suis empressé de lui dire. 
Mais j'avoue que, intérieurement, je me suis dit que le jour où elle serait importunée, elle aurait certainement suffisamment de caractère pour se faire respecter. Et ça ne me déplait pas !

Quelques ajustements nécessaires...

La maîtresse leur a fait la morale, la mère du copain et moi avons acquiescés et j'ai promis de trouver une punition adaptée : elle devait inviter des copines à la maison, ce sera pour une autre fois. Manquerait plus qu'elle les invite pour les taper !....
Ils se quittent en se faisant un bisous.
 
En repartant à la maison, je demande à ma fille ce qui s'est passé exactement. Elle me confirme qu'elle l'a frappé uniquement parce qu'il l'a un peu bousculé et qu'il a refusé de s'excuser ensuite ! C'est vrai que je suis parfois "un peu" à cheval sur la politesse... Mais là, on est loin d'une attaque injuste et la riposte n'est pas du tout proportionnée... Je le fais remarquer à ma fille qui n'a pas l'impression d'être allé trop loin !

Là, je me dis qu'il faut que je réajuste sérieusement mon cours sur la légitime défense...